Mineur.es migrant.es : détenu.es dans les prisons d’Europe

Alexia Barakou

Les pays européens ne sont pas autorisés à détenir d’enfants de moins de 13 ans. Mais cette limite d’âge ne s’applique pas aux enfants demandeurs et demandeuses d’asile. Conséquence : des enfants sont enfermé.es dans des centres surveillés – souvent derrière des fils barbelés et des barreaux de prison – dans quasiment tous les pays européens.

En Pologne par exemple, chaque année, jusqu’à 200 enfants n’ayant commis aucun crime sont envoyé.es dans des centres de détention fermés. En Grèce, un adolescent a récemment été assassiné dans la « zone sécurisée pour mineur.es » d’un camp de réfugié.es, et un bébé de neuf mois est mort de déshydratation.

Investigate Europe a passé trois mois à enquêter sur la détention d’enfants migrant.e.s en Europe. Nos journalistes ont réussi à accéder à l’intérieur de camps et de centres de détention ; ils et elles ont interviewé des réfugié.es, des représentants étatiques, des psychologues et des pédiatres.

Nos reporters ont découvert que des enfants vivaient dans des conditions dangereuses à l’intérieur de camps surpeuplés, n’avaient pas accès à une éducation adaptée et manquaient de soins médicaux essentiels. D’autres étaient en proie à la dépression et à des pensées suicidaires, ou étaient confronté.es à des violences – notamment sexuelles.

Nous avons découvert que ces violations des droits humains n’étaient pas dues à la corruption et l’incompétence : elles sont le résultat de politiques conçues dans les plus hautes sphères européennes afin de dissuader les futur.es candidat.es à l’immigration.

Faites défiler pour lire l’intégralité des articles publiés par nos médias partenaires.

Direction artistique & Animation graphique: Alexia Barakou
Design sonore: Panagiotis Papagiannopoulos & Alexis Koukias-Pantelis Narration: Pavlos Zafiropoulos

Enfants et réfugié.e.s: l’horreur de Moria chroniquée par les éducateurs et éducatrices de l’ONU

En Grèce, dans les cendres du camp de réfugié.e.s rasé par les flammes en septembre, nous avons retrouvé le journal de bord tenu, depuis l’intérieur de la « zone mineur.es », par les éducateurs et éducatrices de l’OIM, organisation affiliée à l’ONU. Toute la violence dans laquelle ces enfants étaient plongé.es s’y retrouve consignée.

Lisez cette enquête de Leïla Miñano, Stavros Machulis et Iliana Papangeli, publiée au préalable chez notre média partenaire, Médiapart.


Les enfants disparu.es de Roissy

De nombreux et nombreuses mineur.es vietnamien.nes se sont évaporé.es, ces dernières années, après leur arrivée à l’aéroport francilien. Débarqué.es sans famille, l’aide sociale à l’enfance était chargée de les mettre à l’abri. Mais au nez et à la barbe des autorités, ils et elles ont été pris.es en main par les trafiquants qui les attendaient. Le scénario semble toujours le même. L’enfant vietnamien.ne atterrit à l’aéroport de Roissy accompagné.e d’un.e adulte qui se présente comme l’un de ses parents. Une fois les contrôles d’identité passés, ce dernier ou cette dernière lui prend ses papiers et l’abandonne dans l’enceinte de l’aéroport. L’enfant, qui ne parle pas le français, peut patienter des jours assis sur un siège sans que personne ne se rende compte de sa présence, parfois jusqu’à s’évanouir de faim. Quand enfin il ou elle est remis à la police aux frontières (PAF), il ou elle réclame l’asile politique, visiblement les seuls mots qu’on lui a appris à prononcer…

Lisez l’article complet en français de Leïla Miñano


La nouvelle politique européenne concernant les réfugié.e.s : repousser les limites des frontières extérieures

Lisez l’article complet en anglais d’Ingeborg Eliassen et Stavros Malichudis.

La tâche d’accueillir les réfugié.es a été confiée en grande partie à la Grèce. Pendant que les centres pour demandeurs et demandeuses d’asile du nord de l’Europe fermaient leurs portes, 40 000 enfants et adultes restaient entassé.es dans les camps de réfugié.es des îles grecques, dans des conditions dangereuses et insalubres.


Aux marges du vieux continent, mineur.e.s migrant.e.s emprisonné.e.s en Europe

De la lointaine île française de Mayotte dans l’archipel des Comores, au camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, en passant par les villes-enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc, et par les aéroports cosmopolites de Berlin, Lisbonne et Londres, notre enquête a retrouvé des enfants détenu.es en violation du droit international. Leur seul crime ? Avoir tenté d’entrer sur le territoire européen sans autorisation.

Lisez l’article complet en anglais de Paulo Pena

Écoutez  le journaliste d’Investigate Europe Nico Schmidt lire son article sur la détention des mineur.es migrant.es paru dans le Tagesspiegel (en allemand).

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