Les forçats de la route

Ils sont payés un salaire bien plus bas que celui des chauffeurs des pays qu’ils traversent – une pratique connue sous le nom de « dumping social ». Jusqu’à présent, l’Union européenne a permis à ce système de perdurer, cautionnant de fait les pires méthodes de l’industrie du transport routier.

Après être allée à la rencontre de ces routiers sur les parkings d’Europe, l’équipe d’IE a découvert qu’ils percevaient des salaires inférieurs aux minimums légaux des pays où ils travaillent. La situation est encore plus difficile pour ceux qui viennent de pays extérieurs à l’UE.

Nous avons découvert:

  • Des routiers affirmant qu’on leur vole une partie de leur paie grâce à des arguties techniques et une bonne dose de mesquinerie
  • Des pressions exercées pour enfreindre les règles sur le temps de repos
  • Des conditions de repos qui ne respectent pas les normes, dans des endroits qui ressemblent souvent à des bidonvilles
  • Des histoires de routiers mourant d’épuisement sur des parkings
  • Des syndicats menacés
  • Des examens de santé et de sécurité trafiqués, qui augmentent les risques d’accidents
  • Des routiers travaillant de longues heures sans repos ou presque

Nous avons rencontré des routiers sans assurance-maladie, sans congés payés, avec très peu de jours de repos ; beaucoup souffrant de stress et d’épuisement. Grâce aux documents que nous nous sommes procurés – notamment des contrats de travail –, nous apportons la preuve qu’il existe un lien entre les chauffeurs employés dans ces conditions dégradantes et certaines des plus grandes entreprises automobiles d’Europe.


Le quotidien intenable des routiers, nouveaux forçats de l’industrie automobile européenne

Renault, Volkswagen, Jaguar, Fiat… Derrière les carrosseries rutilantes qui sortent des usines des géants européens de l’automobile, se cache une réalité moins reluisante : celle des conditions de travail des dizaines de milliers de chauffeurs-routiers qui livrent chaque jour les constructeurs. Les journalistes d’Investigate Europe ont enquêté, du Portugal à la Norvège, auprès d’une centaine de chauffeurs de quatorze nationalités différentes, d’élus européens, de syndicats, de constructeurs. Partout, le constat est accablant : l’exploitation des chauffeurs qui transportent les pièces ou les voitures des constructeurs montre l’un des pires visages de l’Union européenne.

Lisez l’enquête de Leïla Miñano

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